
La violence faite aux femmes revêt de multiples visages : physique, psychologique, émotionnelle – et parfois, elle laisse derrière elle des cendres. À 17 kilomètres de Bossangoa, le long de l’axe Gbade/Paoua, l’histoire de Marie* illustre avec force l’impact dévastateur des violences basées sur le genre, mais aussi la résilience de celles qui décident de se relever.
Marie, 43 ans, est mère de deux filles. Elle vivait avec son conjoint, mais la paix n’existait pas dans leur foyer. Les maltraitances physiques et morales étaient devenues son lot quotidien. Son partenaire refusait d’assumer ses responsabilités, plongeant la famille dans une précarité extrême. Finalement, elle prit la décision courageuse de le quitter et de retourner vivre dans sa famille elargie, où elle retrouvait un semblant de paix et menait une vie digne, en luttant chaque jour pour subvenir aux besoins de ses enfants à travers de petits travaux agricoles journaliers.
Mais ce fragile équilibre fut brisé lorsqu’un jour, par vengeance, son ancien conjoint décida d’incendier la maison familiale, réduisant en cendres leur abri et tout ce qu’il contenait.
Lorsque l’incendie s’est produit, Marie était anéantie. Sans repères, elle se sentait désemparée, déprimée, envahie par un sentiment de vide et de panique.
« Je n’étais pas moi-même, parfois j’étais emportée, je ne savais pas par où commencer, quoi faire. Si j’avais passé la nuit avec mes enfants dans cette maison, nous aurions été calcinées. Et rien que d’y penser, je ne parvenais plus à dormir ni à manger quoi que ce soit. »
Pendant que le feu ravageait leur maison, Marie était loin, auprès de son neveu malade. À son retour, elle ne retrouva que des cendres. La maison, construite par son frère, n’existait plus. Les vêtements, les fournitures scolaires de ses filles, leurs souvenirs – tout était parti en fumée. Le village fut choqué par l’acte. L’agresseur fut appréhendé et conduit chez le chef du village, mais aucune justice ne fut rendue. Il fut relâché et disparut.
C’est dans ce contexte de détresse que Marie fut prise en charge par le projet JF-FS&CPiE, mis en œuvre par SOS Villages d’Enfants à Bossangoa. Grâce au mécanisme communautaire de protection de l’enfance, notamment les RECOPE, elle fut référée à un agent psychosocial. Elle reçut un soutien psychosocial essentiel, des kits de dignité pour elle, des kits d’hygiène pour ses filles – autant d’aides qui lui permirent de retrouver un semblant d’équilibre.
Mais au-delà de l’urgence, le projet lui offrit une opportunité de reconstruction à long terme. Grâce à une subvention en espèces non conditionnelle, Amelie choisit de lancer un petit commerce. Ce geste symbolique fut une manière de reprendre le contrôle de sa vie, de garantir le retour à l’école de ses filles, et de recréer une stabilité après le traumatisme.
Aujourd’hui, Marie se reconstruit – pas seulement un toit, mais aussi une vie. Les sourires sont revenus, la détermination est plus forte que jamais. Elle dort de nouveau, elle mange de nouveau.
« En tout cas, je ne sais par où commencer pour exprimer ma gratitude auprès de l’organisation qui est la vôtre. Moi qui étais hier déprimée, pensant que ma vie s’arrêtait déjà, vous m’avez donné la raison de continuer à vivre. Vous m’avez prise là où j’étais pour m’aider à me relever. »
L’impact du projet JF-FS&CPiE ne se mesure pas uniquement en kits distribués ou en aides financières allouées – il se voit dans le regard et la force des femmes comme Marie. Il se voit dans des communautés qui apprennent à protéger, à soutenir et à se relever ensemble pour construire un avenir sans violence.
*Pas son vrai nom

This publication was produced with the financial support of the German Humanitarian Assistance
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