Joining Forces for Food Security and Child Protection in Emergencies / Central African Republic

Je me suis sentie vue. Je me suis sentie exister

« Pour la première fois depuis 20 ans, je me suis sentie vue » : le parcours de Melanie, de l’exclusion à l’espoir.

Dans le village reculé de Zéré, au cœur de la République Centrafricaine, Melanie, 78 ans, commence sa journée lentement, appuyée sur une canne en bois. Son regard, voilé par l’âge, reste vif et habité d’une force tranquille. Sa vie a été marquée par les épreuves, mais aussi par une résilience silencieuse qui l’a portée au-delà de pertes immenses et de l’exclusion.

Avant l’intervention

Mais la douleur de Melanie dépasse la faim ou la maladie. Il y a des années, elle et son mari ont été rejetés par leur village d’origine. Sa voix se crispe légèrement lorsqu’elle se souvient : « Il était handicapé, oui, mais il souffrait aussi de troubles mentaux. Les gens disaient que nous portions malheur. Ils nous ont chassés. Personne ne voulait de nous. »

C’est à Zéré qu’ils ont trouvé refuge, et un semblant de paix. La vie restait dure, mais c’est là qu’un espoir inattendu est né. « Mon mari était mon meilleur ami », dit-elle avec émotion. « Même quand nous n’avions rien, nous avions l’un l’autre. Quand SOS Villages d’Enfants est venu et a vu son état, ils ne nous ont pas rejetés. Ils nous ont aidés. Pour la première fois, quelqu’un a pris soin de nous. »

Pendant l’intervention

Grâce au projet Alliance pour la sécurité alimentaire et la protection de l’enfance en situations d’urgence (JF-FS&CPiE –  mis en œuvre par SOS Villages d’Enfants, le couple a été sélectionné comme bénéficiaire de l’assistance monétaire inconditionnelle. « Cela nous a apporté une grande joie », se souvient Melanie.

Malheureusement, son mari est décédé une semaine avant la distribution. Melanie est restée seule, accablée de chagrin et d’incertitudes.

 « Mais quand j’ai reçu l’argent, j’ai eu l’impression qu’il était encore là. Que c’était peut-être son dernier cadeau. »

Lorsqu’on lui demande combien elle a reçu, elle sourit avec tendresse :

« Je ne sais pas exactement. Mais c’est beaucoup. Je n’avais pas vu autant d’argent depuis très longtemps »

Apres l’intervention

Aujourd’hui, Melanie ne peut plus travailler la terre. Ses mains tremblent sans cesse et marcher lui est difficile.

Autrefois agricultrice, Melanie garde un lien fort avec la terre.

« Depuis mon jeune âge, je cultivais pour nourrir les autres. Maintenant, je n’arrive même plus à me nourrir moi-même », dit-elle. « Mais cet argent, cette bonté, ça veut dire que je peux manger. Que je peux espérer. »

Pour Melanie, cette aide financière représente bien plus qu’un simple soutien matériel. C’est une reconnaissance, une dignité retrouvée, et une nouvelle chance de vivre avec un but.

« Pour la première fois depuis tant d’années, je me suis sentie vue. Je me suis sentie exister. »